René Robitaille (de Saint-Lambert)

René Robitaille
René de St-Lambert, troisième commandeur de l'Association

4e président de l'Association, 1998-2003

Naissance

Je me demandais bien par où commencer tant la carrière de notre nouveau commandeur est imposante. Rendons-nous d'abord à Cap-Rouge où un gros bébé blond, frisé, est né le 10 décembre 1935. Croyez-moi, croyez-moi pas, il était BEAU ! René ayant toujours eu un esprit tolérant et conciliateur a décidé de naître entre deux périodes critiques de l'histoire, la Grande Crise et la Deuxième Guerre Mondiale.

Études

Ce petit garçon a commencé son cours primaire chez les Sœurs de la Charité à l'Académie Jésus-Marie-Joseph de Cap-Rouge. En troisième année, les garçons étaient transférés au Collège Saint-Alphonse, toujours à Cap-Rouge, où il y avait deux classes multiples, 3, 4, 5 et, 6, 7, 8, 9. Une anecdote assez bizarre mérite d'être racontée. Après sa troisième année, au début de l'année suivante, un nouveau professeur fait le recensement de ses élèves en leur demandant de lever la main pour les inscrire dans leur niveau. Après l'inscription des niveaux trois et quatre, l'enseignant a demandé : « Maintenant quels sont ceux qui sont en cinquième année? ». C'est alors que René s'est rendu compte qu'il avait sauté son tour. Ne voulant pas être oublié, il a levé la main et donné son nom pour la liste de cinquième. C'est ainsi qu'il a évité de faire sa quatrième année. Surmontant sa gêne et la peur de doubler, il en a parlé au professeur un mois plus tard. Ce dernier lui a répondu : « Ça va bien, continue comme ça ». Et René a toujours gardé la tête de sa classe jusqu'à sa neuvième année.

Il s'est ensuite dirigé à l'Académie de Québec pour suivre le cours Secondaire Moderne français-anglais qui était l'équivalent du cours classique, mais sans grec ni latin. Arrivant d'une école de campagne dont le niveau n'était pas élevé, il a dû travailler dur pour reprendre le temps perdu. Mais après seulement deux ans, il se retrouvait déjà dans le peloton de tête.

C'est durant cette période qu'il a appris à maîtriser le curling et à participer à des compétitions provinciales. Il faisait partie de la seule équipe junior de langue française au Québec. Les fins de semaine, il skiait au Lac Beauport. Au début, il avait des skis de bois sans rebords d'acier. C'était déjà quasiment du sport extrême, car un coup parti du sommet d'une pente, il n'était plus question de s'arrêter.

Il s'inscrit ensuite à l'Université Laval en génie géologique, mais après un an, il décide de changer d'orientation en se dirigeant vers le génie civil. À la fin de son cours, il décide de se spécialiser en Mécanique des Sols à l'Université Northwestern, situé à Evanston, dans la banlieue de Chicago.

Vacances

Pendant ses vacances d'été, il a travaillé deux mois dans la construction pour un oncle au Massachusetts. Il est descendu sur le pouce en Floride avec un ami durant le temps des Fêtes de Noël. Il a été même facteur quelques semaines avant Noël, pour distribuer le courrier des Fêtes. Il a fait partie d'équipes géologiques dans les bois de l'Abitibi, du Lac-St-Jean et de la région de Chibougamau.

C'est à ce dernier endroit qu'il a fait des rencontres inusitées avec cinq ours. La fois la plus dangereuse est quand un ours l'a chargé alors qu'il était acculé à une rivière. Pour s'en sauver, il a dû lui faire face en lui tirant son sac à dos avec son lunch et sauter dans la rivière. Les autres fois, les ours ont rôdé autour de lui, mais il n'y a pas eu d'attaques.

Mariage

Après avoir affronté ces animaux, pouvez-vous me dire ce qu'il a décidé de faire? Il était prêt à affronter une femme, il s'est donc marié. Il avait connu la belle Nicole Pigeon, fille d'ingénieur, étudiante au Collège Jésus-Marie. Nos deux tourtereaux partent en voyage de noces pour les Chutes Niagara. René n'avait toujours pas reçu la lettre d'acceptation de l'Université Northwestern. Une fois rendu aux Chutes Niagara, il téléphone chez ses parents pour savoir si la lettre était arrivée. Comme ils n'avaient rien reçu, il se rend à Chicago pour apprendre qu'effectivement, il était accepté. Il fait donc un choix de cours, achète ce qu'il faut et loue un appartement. Le couple revient tout de suite à Québec chercher le bagage et charger le tout dans une petite Coccinelle pour terminer un voyage aller et retour de 3500 kilomètres.

Carrière

En 1962, c'était la révolution tranquille avec Jean Lesage. De retour au Québec et travaillant au ministère de la Voirie, c'était l'enfer. Les projets explosaient, tout était à réorganiser. C'était vraiment de la réingénierie car il n'existait pas grand-chose de technique. Mais en ce temps-là, c'était la révolution culturelle à tout point de vue. D'autant plus que l'Expo 67 s'en venait, et les projets routiers étaient grandioses. Les rêves de René l'ingénieur étaient comblés.

Après quelques années à effectuer des études de sols, de glissements de terrain, de design de routes et à représenter le Québec sur les études de recherches pan-canadiennes, il s'est occupé du contrôle qualitatif sur les chantiers de construction. Responsable des laboratoires régionaux de matériaux de construction de Québec, Sherbrooke, Trois-Rivières, Rimouski et Jonquière, il devait continuellement voyager à travers l'Est et le Centre de la Province. Ceci concordait parfaitement à ce que je ne vous ai pas encore parlé, son goût immodéré des voyages.

Au cours de sa carrière, il a suivi un stage de deux mois à Paris, en 1974, ce qui lui a permis de voyager à travers toute la France en compagnie d'autres stagiaires provenant d'une vingtaine de pays différents, dont plusieurs de derrière le rideau de fer. Ce qui l'a impressionné alors c'est que les stagiaires ne pouvaient venir en France avec leurs épouses pour s'assurer de leur retour. Un représentant d'un pays de l'Europe de l'Est avait acheté avec fierté une paire de souliers pour sa femme.

Après 32 ans de travail au ministère de la Voirie devenu à un moment donné ministère des Transports, il a pris, ce que plusieurs rêvent, la retraite à 55 ans. Mais ce n'était que pour travailler différemment et non pour se bercer. Il a œuvré comme consultant au sein de laboratoires privés pendant quatre ans.

Bénévolat

Les pays en développement ont toujours intéressé René. Il faisait partie depuis quelques années de SACO, Service d'Assistance Canadien aux Organismes. Devenu président de ce groupe à Québec, et étant en vraie retraite, il avait le temps de réaliser des mandats volontaires à l'étranger. C'est ainsi qu'il a effectué les mandats suivants:

  • Quatre mois à Dakar, Sénégal
  • Un mois et demi à Casablanca, Maroc
  • Deux mois à Agadir, Maroc
  • Un mois et demi à Abidjan, Côte d'Ivoire.
  • Il y a un an, il a passé quinze jours à évaluer des projets dans le sud-ouest d'Haïti. Il était censé y retourner cet hiver, mais avec les troubles actuels, les projets sont remis à plus tard.

Ce qu'il affectionne dans cette activité, ce sont les contacts interculturels, le bonheur d'apporter de l'aide à des gens qui en ont besoin, et la possibilité de faire des voyages dans des endroits peu accessibles à des touristes.

Il se souvient de sa première visite en Afrique Noire. Dans l'avion qui le conduisait de Madrid à Dakar, il y a eu un arrêt aux Îles Canaries pour laisser descendre les touristes européens. Après le départ pour la dernière étape vers le Sénégal, quelle ne fut pas la surprise de René de constater que c'était noir de monde noir! Il a alors réalisé qu'il faisait partie maintenant d'une minorité visible…

Voyages

J'ai déjà mentionné son goût très prononcé pour les voyages et pour l'aventure. En plus des destinations déjà citées, mentionnons la visite des dix provinces canadiennes, un grand nombre d'états américains, les Bahamas, le Mexique, le Bélize, le Costa Rica, l'Europe plusieurs fois, et quatre voyages marquants avec le Club Aventure, la Thaïlande, l'Égypte, le Guatemala et les Indes. Son dernier périple ce printemps s'est déroulé en Europe de l'Est avec la visite de la Hongrie, la Slovaquie et la Tchéquie. Et à travers tout ça, il a eu le temps de s'occuper de votre Association.

Association

J'ai toujours dit que lorsque j'ai eu l'idée de fonder une Association des familles Robitaille, si René n'avait pas été avec moi dans ce projet, vous ne seriez pas ici aujourd'hui. C'est donc grâce à lui si l'Association existe. Et au nom de tous les membres, je veux le remercier pour le travail colossal effectué depuis les débuts, surtout pour la responsabilité de s'assurer de la sortie des 46 numéros des Robitailleries. Quel travail chaque fois! Les membres de ta famille sont tous heureux aujourd'hui de te compter parmi nos Commandeurs.

Épilogue

Vous savez comme moi que lorsqu'un homme réussit une aussi brillante carrière, c'est parce qu'il y a une femme derrière. Je pourrais vous parler longtemps des talents de Nicole. Mentionnons seulement qu'elle peut vous concocter un repas de n'importe quel pays avec un tel raffinement… et que dire de sa passion pour l'horticulture et le jardinage. Au printemps René passe le motoculteur, il bêche, pioche, transporte de la terre. Nicole passe par la suite et les légumes et fleurs poussent comme par enchantement. Le potager contient des spécialités de plusieurs sortes de tomates, pommes de terre et de poivrons. Les plate-bandes de fleurs comprennent des collections de dizaines de sortes de fougères, d'hostas et d'hémérocalles. René entretient aussi un petit vignoble car il s'adonne à l'œnologie.

Il me reste une petite chose à vous dire et je terminerai avec cela. Lorsque René travaillait dans les bois comme étudiant, il me confiait toujours une mission. Il me demandait d'aller porter une gerbe de fleurs à Nicole, et c'est curieux il fallait absolument que ce soit le 5 juin comme aujourd'hui.

Chantons donc «Bonne Fête Nicole» et à René-Nicole «C'est à votre tour de vous laisser parler d'amour».